20 août 1953/20 août 2016 : Un Trône et un peuple en révolution continue

King Mohammed VI

S’il est vrai que dans la vie des Nations la célébration d’un rite fondateur est souvent encensée de liturgies homériques et d’hommages poignants aux ancêtres, au Maroc, la commémoration de la Révolution du Roi et du peuple (20 août 1953) est devenue, en plus, synonyme d’un sursaut renouvelé porteur de sens et d’avancées.

Clin d’œil de l’Histoire ou hasard du calendrier, la célébration de cette glorieuse épopée, qui rend l’écho des énormes sacrifices de générations de Marocains pour le recouvrement de l’Indépendance, intervient à la veille d’un autre anniversaire et pas des moindres pour l’avenir de la Patrie : La fête de la jeunesse qui, elle, coïncide cette année, avec le 53ème anniversaire de SM le Roi Mohammed VI.

Fait remarquable : Le souffle épique et le courage sacrificiel des parents et des aïeuls étant dûment assumés et fièrement arborés, les discours royaux adressés pour la circonstance se veulent une invite à la réflexion, un aiguillon à la remise en cause, un appel à l’action… bref, une révolution continue d’un Roi et d’un peuple.

Dans ces discours, entre deux anniversaires, on décèle un feeling sincère, un prolongement attachant, un continuum intense qui, en pleine torpeur estivale, incitent la Nation à marquer une halte pour un examen de conscience objectif pour évaluer les réalisations accomplies et identifier les faiblesses et les dysfonctionnements existants, à préparer sa rentrée et à se projeter dans l’avenir.

Pour en apprécier la teneur, il suffirait peut-être de considérer les thèmes-phares abordés par les discours royaux des quatre dernières années, où le Souverain a magistralement souligné les priorités et précisé les contours d’une nouvelle rentrée.

Ainsi en est-il du discours du 20 août 2012 où, comme à l’accoutumée, SM le Roi a salué la mémoire immaculée des martyrs pour leurs valeurs d’héroïsme, d’altruisme, de sacrifice et de loyauté ayant présidé au recouvrement par le Maroc de sa liberté, son unité et sa souveraineté, avant de s’adresser à la “jeunesse marocaine prometteuse dans la construction d’un avenir digne des gloires et de la grandeur du passé”.

“Parler des jeunes, c’est évoquer les défis du présent et aborder les perspectives d’avenir. Et pour parler d’avenir, il faut, outre une grande probité intellectuelle pour scruter les horizons futurs, que soient élaborées des stratégies propres à préparer nos jeunes pour des lendemains meilleurs”, souligne le Souverain, avant de mettre l’accent sur le système d’éducation et sa capacité à former les générations montantes et à les préparer à s’investir pleinement dans le processus de développement et de progrès démocratique de la société.

Et ce n’est pas tout. “Si notre jeunesse est animée par l’ambition légitime de jouer un rôle significatif dans la vie politique, économique et sociale, elle souhaite, au même titre, s’insérer utilement dans la création culturelle et artistique, dont les espaces demeurent inégalement répartis entre les différentes régions du Maroc”, relève SM le Roi.

Mieux : “Il serait donc inacceptable de considérer la jeunesse comme une charge pour la société. Elle doit, au contraire, être traitée comme une force de dynamisation du développement. Il est donc impératif de mettre au point une stratégie globale qui mettrait fin à la dispersion des prestations fournies actuellement à notre jeunesse, et d’adopter une politique intégrée qui associe, dans une synergie et une convergence, les différentes actions menées en faveur des jeunes”.

Reste à préciser que, dans ce discours royal, le Souverain a décidé de donner pleine effectivité aux dispositions de la Constitution assurant aux compatriotes marocains à l’étranger “une participation aussi étendue que possible à la construction du Maroc de demain, et une présence active dans les instances dirigeantes d’institutions nouvelles”. Faut-il rappeler que la Journée nationale du migrant coïncide avec le 10 août?.

D’éducation-formation justement, on se rappellera que le discours royal du 20 août 2013 a été, malgré les réalisations accomplies et les acquis engrangés, un rappel à l’ordre quant à la situation d’un secteur “en butte à de multiples difficultés et problèmes, dus en particulier à l’adoption de programmes et de cursus qui ne sont pas en adéquation avec les exigences du marché du travail”.

Pour le Souverain, pareil secteur ne devant “être enserré dans un cadre politique stricto sensu, pas plus que sa gestion ne doit être l’objet de surenchères ou de rivalités politiciennes”, requiert de l’inscrire dans le cadre social, économique et culturel qui est le sien, “d’autant plus qu’il a pour vocation d’assurer la formation et la mise à niveau des ressources humaines pour favoriser leur insertion dans la dynamique de développement, et ce, à travers la mise en place d’un système éducatif efficient”.

Sur la même lancée futuriste, le discours du 20 août 2014 a livré un diagnostic précis de la place qui sied au Maroc, ce “peuple habité par l’ambition d’atteindre les plus hauts sommets et de se mettre au diapason des nations avancées” qui a su, par son génie spécial et son modèle particulier, “conforter son cheminement démocratique, tout en consolidant les fondements d’un modèle de développement intégré et durable, porté par l’impératif de lancer des projets structurants, allié à la volonté de promouvoir le développement humain et durable”.

Ne laissant rien au hasard, le discours évoque le Plan Maroc Vert, le Plan Halieutis, le Plan émergence industrielle, les performances à l’international de l’OCP, Pôle Melloussa-Tanger, le plan marocain d’énergie solaire et éolienne, le partenariats avec le CCG et les pays d’Afrique sub-sahariens, le Statut avancé Maroc-UE, les accords de libre-échange avec les USA, le projet de partenariat stratégique avec la Russie et de partenariat avec la Chine, en plus du rôle du Maroc en tant que maillon essentiel dans la Coopération tripartite et multilatérale, en particulier pour assurer la sécurité, la stabilité et le développement en Afrique.

“Notre modèle de développement a atteint un niveau de maturité qui l’habilite à faire une entrée définitive et méritée dans le concert des pays émergents. Toutefois, les prochaines années seront décisives pour préserver les acquis, corriger les dysfonctionnements et stimuler la croissance et l’investissement”, précise le Souverain.

Faut-il pour autant dormir sur ses lauriers ? Loin s’en faut. L’élément humain, vraie richesse du Maroc et l’une des composantes essentielles de son capital immatériel, “est un préalable majeur pour rehausser la compétitivité et répondre ainsi aux exigences du développement et du marché de l’emploi et pour accompagner la progression et la diversification que connaît l’économie nationale”.

Sur le même élan avant-gardiste et résolument porté sur l’avenir, le discours du 20 août 2015 aura livré à la postérité une présentation presque didactique sur les élections régionales et professionnelles qui ont rythmé la vie politique durant l’année dernière avec, au premier chef, la mise en œuvre de la régionalisation avancée, dans la perspective de voir ce chantier s’ériger “en véritable pilier du Maroc de l’unité nationale, de l’intégrité territoriale, de la solidarité inter-catégorielle, de la complémentarité et de l’équilibre interrégionaux”.

Sous ce prisme, il serait intéressant de rappeler cet hommage singulier du Souverain à tous les “Services de sécurité pour leur mobilisation et leur vigilance afin de contrecarrer les multiples tentatives à visée terroriste qui cherchent désespérément à nuire au modèle marocain mondialement reconnu pour sa singularité”.

Car, en définitive, “qu’il s’agisse du succès de la régionalisation ou de la préservation de la sécurité et de la stabilité, l’élément commun à ces deux objectifs est d’être au service du citoyen marocain”, relève encore SM le Roi dans ce discours.

De fil en aiguille, les discours royaux du 20 août auront, très tôt, porté la marque d’un nouveau Maroc digne de son Histoire millénaire, capable d’acter son Présent et surtout résolument ouvert à tous ses fils, ceux-là mêmes qui sauront assumer la charge et la responsabilité historique “que nous devons tous assumer pour continuer à porter le flambeau de la Révolution sans cesse renouvelée du Roi et du Peuple et tendre vers le Maroc de l’unité, de la solidarité, de la sécurité et du progrès”.

 

Source: Houcine MAIMOUNI/MAP

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