En Afrique de l’Ouest, l’Ebola du manioc menace la sécurité alimentaire

Les spécialistes l’appellent « Ebola du manioc »: l’Afrique de l’Ouest cherche la parade à un virus qui touche cette plante très consommée sur son sol et qui menace la sécurité alimentaire de la région, où les besoins en nourriture ne font que croître sous la pression démographique.

Ce virus se propage par des mouches blanches. Les hommes peuvent aussi être des vecteurs de transmission lorsqu’ils transportent les boutures de manioc. Or le manioc est une culture de subsistance primordiale en Afrique.

Le continent est le plus grand producteur mondial de cette plante (57%), dont on consomme les tubercules, riches en glucides et en amidon, mais aussi les feuilles et la fécule (qui a plutôt l’aspect d’une semoule), produite à partir des racines.

Le tubercule de manioc entre par exemple dans le bol de 80% des 180 millions d’habitants du Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique.

L’attiéké, un mets fait à base de semoule de manioc cuite, est lui très prisé par les populations de Côte d’Ivoire, du Burkina Faso et du Mali, notamment, tout comme par les diasporas en France et aux Etats-Unis où plusieurs tonnes sont exportées chaque mois.

Aussi les chercheurs du programme Wave sont-ils à pied d’oeuvre depuis des mois pour endiguer le fléau.

La mobilisation a d’abord eu lieu au niveau des techniciens, des chercheurs et des étudiants, qui ont conçu ensemble en laboratoire « des variétés résistantes » expérimentales.

Leur efficacité doit être testée en Afrique centrale, où a démarré l’épidémie.

Puis, début juin, les ministres de la Recherche de huit pays d’Afrique de l’Ouest se sont réunis à Cotonou pour mettre sur les rails « une action concertée » afin de prévenir « une crise du manioc ».

Ils se sont engagés aux côtés de Wave, tandis que les rois et chefs de 12 pays d’Afrique ont aussi été sollicités, une première.

Concrètement, sont envisagés « l’arrachage des plants dans une zone infestée », « l’interdiction de voyager avec des boutures de manioc » et, surtout, un soutien à la recherche « pour lutter contre les maladies et améliorer la productivité ».

A Afféry, grande région de production de manioc, à 100 km à l’est d’Abidjan, les 200 productrices locales s’inquiètent.

Sanglée dans un pagne multicolore, la présidente de leur association, Nathalie Monet Apo, anticipe le pire: « L’attiéké est notre cacao (…), si la maladie apparaît ici ou ailleurs, ce sera un drame pour nos familles et notre communauté ».

« C’est grâce à la culture du manioc que j’arrive à scolariser mes quatre enfants », renchérit une autre productrice, Blandine Yapo Sopi, à proximité d’un monticule de tubercules de manioc. Récoltés sur un hectare de plantation, ils devraient lui rapporter 450.000 FCFA (environ 680 euros).

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