Papouasie, une formation agricole augmente les revenus et restaure les terres dégradées

pesticides naturels
Les piments sont d'excellents pesticides naturels.

L’odeur des piments de Sulawesi vous accompagne partout en Papouasie. La plante fragrante est utilisée par les communautés à travers le pays pour chasser les mauvais esprits. Mais aujourd’hui, une application plus pratique se répand : les piments sont aussi d’excellents pesticides naturels.

Riswanto, assistant de projet du PNUD dans la région de Boven Diegol, explique que les habitants du petit village d’Ogenetan ont été surpris d’apprendre que leurs piments avaient la faculté de repousser les insectes nuisibles.

« Sereh merah [piments] et sereh wangi [citronnelle] n’étaient utilisés que pour éloigner le diable ou les mauvais esprits. Maintenant, les gens savent comment mélanger ces ingrédients avec du tabac pour fabriquer des pesticides organiques. »

Avant leur formation parrainée par le PNUD, les villageois d’Ogenetan ne cultivaient que très peu parce que le sol de la région était de piètre qualité. Mais les engrais faits maison ont amélioré la qualité du sol à tel point qu’ils sont maintenant capables de faire pousser des aubergines, des feuilles de moutarde, du chou frisé et des tomates.

Ils peuvent maintenant mieux se nourrir, mais aussi tirer un revenu vital de la vente de leurs nouvelles récoltes. C’est une véritable révolution pour le village.

Yulia Bayup, 24 ans, est maintenant la fière propriétaire de deux étangs piscicoles. Après avoir reçu une formation à la fabrication d’engrais et de pesticides organiques du PNUD, Yulia a constaté que son petit terrain commençait à produire suffisamment pour qu’elle puisse vendre ses légumes et constituer une épargne.

Pour encourager les villageois à regarder au-delà de leur consommation propre, Riswanto a expliqué aux participants de la formation que le PNUD fournissait un micro-crédit à ceux qui souhaiteraient lancer leur propre entreprise.

Yulia a sauté sur l’occasion et souscrit à un crédit de 2 millions d’IDR (environ 150 dollars EU), qui lui a permis de construire ses étangs et de diversifier son revenu. Aujourd’hui, elle gagne chaque mois plus du triple de son investissement initial.

L’infrastructure et le transport sont des problèmes majeurs en Papouasie, surtout dans ce district isolé. Incapables de se payer un moyen de locomotion pour aller vendre le caoutchouc de leurs hévéas, les habitants d’Ogenetan étaient contraints de se rendre à pied au district le plus proche – un trajet pouvant durer jusqu’à six heures.

Pour éviter le trajet, ils devaient passer par les services d’intermédiaires venant jusqu’au village pour troquer le caoutchouc contre des produits de base comme de la nourriture et du savon, transaction souvent à leur désavantage.

Mais avec le revenu qu’ils tirent maintenant de leurs nouvelles récoltes, ils sont libres des caprices de ces intermédiaires. Certains ménages gagnent maintenant jusqu’à 112 $ par mois, ce qui est suffisant pour permettre à une famille de prospérer.

C’est un exemple de la manière dont un mode de vie durable peut apporter non seulement un revenu, mais aussi un choix et une dignité.

Source : PNUD 

Houcine ABENKCER
A propos Houcine ABENKCER 538 Articles
Cofondateur et rédacteur en chef du journal électronique LeVert.ma

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