Hammam : optimiser la consommation, préserver la tradition

Au Maroc, une grande partie des habitants se rend encore au hammam. Mais ces bains publics sont des gouffres énergétiques sans fond, ce qui les condamnait à petit feu. A travers le programme « Hammams durables », deux associations proposent de préserver la tradition, tout en réduisant la consommation en eau et en bois de ces établissements.

Malgré l’installation des commodités modernes dans les nouvelles constructions, les bains maures restent une tradition vivace au Maroc. Selon le ministère de l’Artisanat, ils seraient encore 12 000 à travers le pays, employant près de 200 000 personnes, et voyant passer 95% de la population ! Un secteur économique qui n’est donc pas à négliger. Problème : la majeure partie des hammams marocains sont de construction ancienne. Ils n’ont pas été conçus pour optimiser leurs performances énergétiques.

Sans compter les affres du temps, qui laissent apparaître, ici ou là, des fuites plus ou moins importantes. Au bout du compte, ces bains publics consomment chaque année trois millions de tonnes de bois de chauffage. Ils émettent dans le même temps quatre millions de tonnes de CO² (9% des émissions nationales !), et d’importantes quantités de particules fines en plein cœur des centres urbains.

Pour éviter les déperditions de chaleur et optimiser les consommations d’eau et d’énergie, deux associations -le Groupe énergies renouvelables, environnement, et solidarité (Geres) et Energie, solidarité, et environnement (EnSen)- ont lancé le programme « Hammams durables », auquel participent actuellement huit établissements marocains.

Le leitmotiv de « Hammams durables » : rénover pour économiser. Un programme en six points, dont l’installation d’une chaudière performante et d’un plancher chauffant est certainement le plus coûteux, mais également le plus radicalement efficace, avec un rendement estimé passant de 50 à 85%.

L’isolation des tuyaux, de même qu’une gestion raisonnable de la chaleur grâce à un thermomètre (jusqu’à 10% d’économie en bois) sont quant à elles plus simples à mettre en œuvre. Pour aller plus loin, on peut encore opter pour le préchauffage solaire de l’eau avant son injection dans la chaudière (gain de 15°), l’adoucissement de l’eau (en cas de forte présence de calcaire), et la récupération de la chaleur des eaux usées.

Par cette méthode globale, « Hammams durables » estime pouvoir faire baisser de près de 80% la consommation en bois d’un bain maure traditionnel. Après un diagnostic des installations et une étude technique, le programme apporte son aide pour la mise en œuvre du projet de modernisation choisi par les propriétaires du hammam (mise en relation avec les fournisseurs, contrôle qualité des travaux). Enfin, « Hammams durables » propose également une aide au financement, sous forme de prêt remboursable avec les économies réalisées à l’issue des travaux.

 

Source : La TribuneAfrique

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1 Comment

  1. Super bonne idée qui allie tradition et modernité mais aussi et surtout protection environnementale. Espérons que dans la pratique, ces voeux se réalisent au plus vite… chapeau bas !

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