Le HCEFLCD contribue efficacement au développement durable des zones de montagne

Atlas Maroc
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Le Haut-Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte contre la Désertification (HCEFLCD) contribue efficacement au développement de modèles territoriaux visant à l’intégrer dans son environnement socio-économique et assurer le développement durable des zones de montagne, a affirmé M. Abdelkrim El Majoudi, Chef de la division de la Conservation des Eaux et des Sols et de la Protection des Forêts au sein de cette institution.

Les écosystèmes forestiers, qui sont concentrés dans les régions montagneuses, constituent « une composante structurelle fondamentale des programmes du HCEFLCD et dont la conservation fait appel à une approche visant la durabilité de ses fonctions vitales sur les plans environnemental, social et économique qui lui sont propres », a souligné M. El Majoudi dans une interview accordée à la MAP, à l’occasion de la Journée internationale de la montagne, célébrée le 11 décembre.

Pour cette raison, des plans territorialisés sont élaborés « dans un cadre concerté et participatif avec toutes les parties prenantes, dans le domaine du reboisement, de régénération des forêts naturelles, d’aménagement des bassins versants et des aires protégées prenant en compte aussi bien les besoins des populations avoisinantes que les particularités des divers écosystèmes au niveau local et les défis liés à la gestion durable de chaque zone », a-t-il dit.

A partir de cette logique, explique le responsable, « cette orientation stratégique adoptée a permis, et plus que jamais, de garantir le droit d’usage pour plus de 7 millions de personnes de la population avoisinante. Cela se reflète principalement dans l’exploitation des pâturages forestiers qui fournissent plus de 17% des besoins de fourrage au cheptel national, ainsi que le droit de ramassage du bois mort pour la satisfaction des besoins énergétiques des ménages, qui représentent 18% du bilan énergétique nationale ».

Ceci s’ajoute, selon M. El Majoudi, à de nombreux produits et services fournis par les forêts et qui « contribuent directement ou indirectement à l’amélioration des revenus de la population avoisinante de la forêt, en particulier des zones enclavées ».

Ainsi, sur la base de l’évaluation des résultats du programme décennal 2005-2014 et des acquis atteints, le responsable affirme que « le 2ème programme pour la décennie 2015-2024 vise à consolider et à renforcer les divers aspects de la bonne gouvernance qui ont été adoptés dans ce secteur et de soutenir l’efficacité de la conservation, la gestion durable des forêts et le développement des zones prériforestières, en particulier dans les zones de montagne ».

M. El Majoudi a précisé que les efforts déployés par le HCEFLCD se concrétisent selon plusieurs axes, à savoir « la réhabilitation des écosystèmes forestiers des zones de montagne pour renforcer leur rôle dans la lutte contre l’érosion hydrique et la production de bois et du fourrage et maintenir les diverses fonctions et produits fournis sur le plan social, économique et environnemental ».

Le responsable cite, à cet égard, « la production de 400 millions de plants à l’horizon de 2025 pour le reboisement et l’amélioration sylvo-pastorale par des espèces autochtones, sur 600.000 hectares, soit un taux de 60.000 hectares par an, contre 40.000 hectares actuellement. Ainsi que la poursuite des études d’aménagement des forêts pour couvrir 5 millions d’hectares».

Afin de fournir du bois de feu pour la population des zones de montagne, sachant que « les quantités extraites des forêts pour répondre aux besoins, dépassent souvent et de loin la capacité de production des forêts », la stratégie poursuivie est axée sur plusieurs interventions complémentaires, notamment « l’encouragement de la population à planter des arbres à croissance rapide en leur fournissant gratuitement des plants ainsi que la généralisation de l’utilisation des fours améliorés ayant jusqu’à 60% d’économie du bois, en doublant le nombre d’unités distribuées annuellement à 6000 fours », a-t-il fait savoir.

L’organisation des ayants droit sous forme d’associations et de coopératives constitue aussi un axe de la stratégie suivie et ce afin de les faire bénéficier, dans un cadre participatif et contractuel, de la valeur ajoutée issue de l’exploitation, de la commercialisation et de la transformation des produits forestiers, a-t-il ajouté.

En effet, des projets contractuels ont été réalisés avec « 143 coopératives et 14 Groupements d’Intérêt Economique qui ont permis la création de 2 millions de journées de travail », s’est-il réjoui, précisant que « le programme décennal 2015-2024 a pour objectif d’atteindre 200 coopératives forestières pour au moins 14.000 adhérents, la protection de 200.000 ha de forêts contre le pâturage au profit de 300 associations pastorales comprenant 30.000 adhérents ».

En ce qui concerne la diversification des activités génératrices de revenus, M. El Majoudi a affirmé qu’une importance est accordée à la réalisation des activités accompagnatrices des actions techniques visant à diversifier et sécuriser les revenus des populations riveraines, à savoir, la distribution des arbres fruitiers et des ruchers, la promotion de l’écotourisme, la valorisation des produits locaux et l’ouverture et l’entretien annuel d’environ 2.500 km de pistes forestières.

Dans le cadre de projets intégrés pour le développement des zones de montagne et en coordination avec les autres partenaires, le responsable a relevé que les réalisations du 1er programme décennal 2005-2014 ont porté sur 86 projets intégrés dans 40 provinces pour lutter contre l’envasement des barrages et les risques d’inondation et la construction de 1.244.000 m3 de traitements mécaniques (seuils de sédimentation), soit une cadence de 124. 000 m3/an contre moins de 50.000 m3 avant cette période.

Les réalisations ont aussi concerné « l’élaboration de plans d’aménagement au niveau de 23 bassins versants à l’échelle nationale, totalisant ainsi une superficie de 7.500.000 hectares », selon le responsable qui a annoncé qu’un projet d’actualisation de la stratégie en ce domaine (Plan National d’Aménagement des Bassins Versants) « est en cours à travers l’élaboration des termes de références dans le cadre d’une approche participative et concertée avec toutes les parties prenantes dans ce domaine ».

Pour ce qui est du 2ème programme décennal 2015-2024, il vise à « poursuivre les réalisations dans les bassins versants prioritaires en traitant environ 500.000 hectares à raison de 50.000 ha par an et ce, à travers des interventions biologiques, des actions de correction mécanique des ravins et des mesures d’accompagnement pour le développement local avec un budget prévisionnel de 2.6 milliards de dirhams », a-t-il précisé.

Le HCEFLCD vise également « la conservation et la valorisation des aires protégées dans les zones de montagne, et ce, conformément aux orientations du plan directeur des aires protégées qui a permis l’identification d’un réseau national de 154 sites d’importance biologique et écologique couvrant une superficie d’environ 2,5 millions d’hectares », a-t-il enchaîné.

La gestion durable de la chasse et le soutien de sa contribution au développement local figurent également parmi les axes définis par le Haut-Commissariat aux Eaux et Forêts et la Lutte contre la Désertification, et ce, « à travers la création d’offres d’emploi dans le monde rural et les zones montagneuses, pour qui le programme décennal vise à augmenter les amodiations de chasses pour atteindre 1.500 amodiations sur une superficie de 2,7 millions d’hectares, bénéficiant à plus de 120.000 chasseurs, sachant que le nombre des amodiations actuel est de 879 sur une superficie de 2,2 millions d’hectares bénéficiant à 72.000 chasseurs», a-t-il dit.

Le HCEFLCD a aussi pour objectif la conservation et le développement des ressources piscicoles dans les eaux continentales pour « conserver la qualité de l’eau et contribuer aux besoins alimentaires des habitants des zones montagneuses et rurales, où la production de poisson est évaluée à l’horizon de 2024, à 50.000 tonnes par an, sachant que la production actuelle est de 16.000 tonnes par an », a conclu M. El Majoudi.

Avec MAP

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