Jardins exotiques de Bouknadel: journée de distillation traditionnelle des plantes aromatiques

JARDIN EXOTIQUE DE BOUKNADEL
JARDIN EXOTIQUE DE BOUKNADEL

Les visiteurs des Jardins exotiques de Bouknadel, ce dimanche, ont eu droit à une profusion de stimuli olfactifs, à l’occasion d’une journée de distillation traditionnelle des plantes aromatiques.

Ce paradis terrestre situé à quelques encablures de la capitale a été embaumé, bien plus qu’à l’accoutumée, par une odeur âcre des fleurs et des roses, sous un soleil resplendissant qui a fait éclater les couleurs et émerveiller les sens.

Dans une ambiance familiale, des bénévoles de l’Association des amis des Jardins exotiques de Bouknadel (ASAJEB) ont donné une démonstration des procédés d’extraction par distillation de la fleur d’oranger et des pétales de rose, au grand bonheur des visiteurs venus en masse assister à cet atelier et éveiller leur odorat.

Selon ce procédé traditionnel, l’eau florale est produite dans des marmites en cuivre (alambics) ayant une capacité de 2 à 10 Kg de fleurs fraîches.

Ce récipient est composé de trois parties: la partie inférieure contient l’eau qui, chauffée, produit la vapeur qui traverse les fleurs placées dans la deuxième enceinte de l’alambic.

Les vapeurs chargées d’huiles essentielles seront, par la suite, condensées grâce à l’eau froide contenue dans la partie supérieure de l’alambic. Les vapeurs condensées sont récupérées, dans un autre récipient.

Comme chaque avril, cette activité vise à faire revivre une tradition ancestrale, issue de l’Andalousie et très connue dans les anciennes maisons des grandes villes du Maroc, a confié à la MAP, le vice-président de l’ASAJEB, Abdelati Lahlou, ajoutant que ce rituel est une célébration du printemps en famille.

L’eau de fleur d’oranger est très prisée par les Marocains. Elle a de multiples usages, à la fois dans la cuisine raffinée pour lui donner un gout en parfum, dans le traitement du corps et la beauté, a-t-souligné, relevant qu’elle accompagne le cycle de la vie de la naissance à la mort.

Il s’agit d’un savoir-faire ancestral dont la transmission et la résurrection revêt une importance particulière, étant donné que la femme au fil de temps était marraine de ce savoir-faire, a-t-il relevé.

Cette 5éme édition de rituel de la distillation traditionnelle des plantes aromatiques, s’assigne pour objectif la préservation, la promotion et la transmission de ce savoir-faire en tant que patrimoine immatériel, ainsi que l’animation au sein des Jardins exotiques, a ajouté M. Lahlou.

Cette démonstration a été organisée dans le cadre du programme éducatif et de sensibilisation des jeunes à la protection de la nature mis en place aux Jardins exotiques par la Fondation Mohammed VI pour la Protection de l’Environnement, qui mène des actions ponctuelles au niveau de groupes ciblés de la population.

Cette activité vise à montrer aux élèves, aux femmes et aux membres des associations le processus de l’extraction par distillation des plantes aromatiques, a expliqué le directeur des Jardins exotiques, Brahim Haddane.

En cette période de l’année, qui coïncide avec la floraison du bigaradier, l’énergie de la plante est meilleure, a-t-ajouté, faisant savoir qui c’est un moment privilégié pour l’extraction de son parfum.

Cette journée, à laquelle ont pris part des élèves des établissements scolaires de la région, ainsi que des membres des associations telles Ribat Al Fath et « Femmes Secteur Culture », a été agrémentée par des lectures poétiques, interprétées par des voix féminines et accompagnés de partitions de luth.

Levert avec la MAP

Zineb Abenkcer
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