La biodiversité doit être placée « au coeur des décisions », plaide une responsable de l’Onu

ristiana Pasca Palmer, à la tête de la Convention sur la diversité biologique (CDB) de l'Onu
ristiana Pasca Palmer, à la tête de la Convention sur la diversité biologique (CDB) de l'Onu

La biodiversité doit être placée « au coeur des décisions » politiques, a plaidé lundi Cristiana Pasca Palmer, à la tête de la Convention sur la diversité biologique (CDB) de l’Onu, alors que les objectifs fixés pour 2020 ne seront pas tous tenus.

En 2010, une conférence de la CDB, issue du Sommet de la Terre à Rio en 1992, a mis au point à Nagoya au Japon un programme en 20 points pour enrayer la perte de biodiversité d’ici 2020. Connus comme les « objectifs d’Aichi », ils visent, entre autres, à mieux prendre en compte la biodiversité dans les stratégies nationales, à étendre les aires de conservation terrestres et aquatiques, prévenir l’extinction des espèces menacées ou encore à éviter la surpêche et à gérer les surfaces agricoles de manière durable.

Mais à deux ans de l’échéance, force est de constater que le compte n’y est pas. Dans certains domaines, « des progrès ont été faits » mais « tous les objectifs ne seront pas atteints », a observé la Roumaine, secrétaire exécutive de la CDB depuis 2017, de passage à Paris.

Le bilan définitif sera tiré lors de la 15e réunion des Etats signataires de la Convention, qui se tiendra en Chine en 2020. D’ici là, « nous aurons une idée plus précise de là où nous en sommes », a-t-elle estimé dans un entretien à l’AFP.

La plateforme intergouvernementale scientifique sur la biodiversité (IPBES) doit publier entretemps, en 2019, son évaluation de la biodiversité mondiale, qui n’a pas été actualisée depuis 2005.

« 2020 est une année spéciale, c’est quand nous devrons lancer le prochain cadre global pour la biodiversité », a rappelé Mme Pasca Palmer.

Après cette date, « ce qui devra être fait avant tout est de placer la biodiversité au coeur des décisions et de l’action. » A l’heure actuelle, la biodiversité est en général abordée par les pays au sein d’un ministère de l’Environnement. Mais ce sujet, qui touche à des aspects aussi divers que la santé, l’accès à l’alimentation ou à l’eau, devrait être considéré de manière plus globale, a-t-elle plaidé.

« La question ne sera plus quoi, mais comment » faire pour préserver la biodiversité, alors que se multiplient les alertes à travers le globe sur le déclin du vivant et la mauvaise santé de certains espaces naturels, a ajouté l’ancienne ministre de l’Environnement de Roumanie.

« Nous avons une fenêtre très étroite » pour agir, alors que « d’ici 2050, la perte de biodiversité s’accroît fortement », a-t-elle insisté.

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