L’Alliance solaire internationale lancée à New Delhi

Ségolène Royal, ambassadrice de l'Alliance solaire
Ségolène Royal, ambassadrice de l'Alliance solaire

« Certains ont décidé de quitter l’arène mais d’autres ont décidé d’agir ». C’est avec cette entrée en matière, pique à peine voilée à l’adresse des Etats-Unis, qu’ Emmanuel Macron a inauguré, ce matin, aux côtés de Narendra Modi, le premier sommet de l’Alliance Solaire internationale, nous apporte les Echos.

Lancée par Paris et New Delhi en marge de la Cop21, à la fin 2015, cette initiative a donné lieu à un traité qu’ont à ce jour ratifié 30 pays sur les 121 concernés. « Ces pays qui se situent partiellement ou en totalité entre le tropique du Cancer ou du Capricorne -, sont souvent les plus riches en soleil, mais aussi souvent les plus pauvres, et ils n’ont pas les moyens d’exploiter cette énergie », a résumé Ségolène Royal, ambassadrice de l’Alliance solaire internationale ASI.

Situé dans l’enceinte du palais présidentiel, le centre où se tenait la conférence a donc résonné de nombreuses voix – y compris celles des « Solar Mamas », un réseau de femmes qui agissent dans ce domaine au niveau local, – et d’une vingtaine de chefs d’Etats. Près de la moitié d’entre eux sont issus du continent africain, comme le Mali, le Gabon, le Ghana, le Niger- d’Asie – mais aussi d’Asie, Bangladesh et Sri Lanka notamment – d’Amérique latine et d’Australie. Ces pays qui représentent 73 % de la population mondiale ne comptent que 23 % de la capacité installée en production d’électricité. Près de 20 à 50 % de leurs habitants n’ont pas accès à l’électricité.

« Il existe de nombreux petits projets possibles dans le domaine solaire », souligne un expert international, mais bien souvent pour des questions de « risques » liés aux pays en question les banques ne veulent pas en entendre parler ». L’Alliance Solaire internationale veut tenter de remédier à ce problème de financement en agrégeant les besoins des différents pays en vue de faire baisser les coûts des projets.

 Une centaine de projets identifiés

« Par exemple, le Bangladesh a indiqué avoir besoin chaque année de 50.000 pompes d’eau qui fonctionnent au solaire et l’Inde de 100.000 pompes au cours des trois prochaines années », explique Upendra Tripathy, le directeur général de l’Alliance solaire internationale. « Nous allons mettre en commun ces besoins avec ceux par exemple de l’Ile Maurice et de l’Ouganda pour peser sur l’appel d’offres global », explique-t-il. Au-delà de ce projet, l’ASI en a d’ores et déjà identifié une centaine d’autres parmi les différents pays membres.

Pour rassurer les investisseurs, l’organisation compte aussi sur les garanties de plusieurs banques de développement comme la Banque Mondiale par exemple. Elle espère mobiliser 1.000 milliards de dollars d’ici à 2030 tant auprès des investisseurs privés que des bailleurs de fonds internationaux au rang desquels figure l’Agence française de développement.

« Nous y parviendrons car nous ne sommes plus seuls », a lancé confiant Faure Gnassingbé, le président du Togo, un pays qui met déjà en place des mini-centrales photovoltaïques. D’autres chefs d’Etat ont également souligné l’urgence des retombées de ce développement pour enrayer la spirale de la violence. « Les terroristes n’aiment pas la lumière », a lancé Ibrahim Boubacar Keitar, le président du Mali, « et certains de nos villages aujourd’hui sont dans l’obscurité ».

Avec Les Echos

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