Le microplastique, cette pollution invisible

Le microplastique, cette pollution invisible
Le microplastique, cette pollution invisible

La pollution plastique constitue une grave menace pour les océans. Chaque année, 8 millions de tonnes de plastiques y sont déversées et 150 millions de tonnes de déchets y flotteraient actuellement. Les conséquences sur la biodiversité sont immenses avec notamment ces exemples de baleines retrouvées avec plusieurs kilos de sacs plastiques dans l’estomac.

D’où vient le microplastique ?

Mais il existe une pollution moins visible et toute aussi inquiétante : la pollution microplastique. On appelle microplastique une particule de plastique qui mesure moins de 5 mm. Ces particules arrivent généralement dans les océans depuis les cours d’eau dans lesquels elles sont directement rejetées. Ce sont par exemple les particules contenues dans les fibres synthétiques de nos vêtements et qui partent dans les cours d’eau lors de leur lavage à la main ou en machine. Environ 500 000 tonnes de plastiques sont ainsi déversées chaque année, soit l’équivalent de 50 milliards de bouteilles plastiques. Les microplastiques proviennent également des microbilles que l’on retrouve dans certains produits d’hygiène corporelle comme les gommages, exfoliants et certains dentifrices par exemple, ou tout simplement d’objets de plus grande taille qui se sont effrités en de plus petits morceaux.

La pollution microplastique

« Compte tenu de leur nature omniprésente et persistante, les microplastiques sont devenus une préoccupation environnementale mondiale et un risque potentiel pour les populations humaines », explique Rachel Hurley de l’Université de Manchester dans un rapport publié en 2018. Cette menace croissante est d’autant plus urgente qu’au contact de l’oxygène et sous les effets du soleil, du vent et des vagues, ces particules se dégradent en des milliards d’autres encore plus petites au point de devenir invisibles à l’œil nu. D’après une étude de 2014, il pourrait ainsi en exister 5 000 milliards dans les océans. Ces estimations datent déjà de plusieurs années et pourraient être bien plus élevées aujourd’hui. Minuscules, ces particules de microplastiques n’en restent pas moins dangereuses pour les écosystèmes aquatiques.

Impacts sur la faune et la flore

Alors que l’on pensait que ces déchets se désintégraient au bout d’un certain temps, ils produisent en réalité des nanoparticules extrêmement nocives. Chacune peut mettre plusieurs siècles à décomposer en de nouvelles particules encore plus petites qui restent en suspension dans l’eau. Résultat, les cétacés, les poissons, les bivalves et même le plancton les confondent avec de la nourriture et les avalent. Les tortues marines, déjà très menacées partout dans le monde, sont particulièrement exposées. Des analyses réalisées sur une centaine d’entre elles ont révélées que toutes sans exception avaient du microplastique dans leur système digestif. Difficile encore de connaître les conséquences sur leur état de santé. Ces particules étant très petites, elles circulent jusque dans les intestins sans provoquer d’occlusion. Mais les scientifiques qui se penchent sur la question suspectent des dommages graves encore peu connus comme par exemple la prolifération de bactéries ou de virus ou le bouleversement des systèmes hormonaux des animaux marins.

Des risques pour l’Homme

Bien entendu, lorsque tout un écosystème se retrouve ainsi menacé, les humains en subissent eux aussi les conséquences. Les poissons et crustacés que nous consommons contiennent en effet de nombreuses particules de microplastiques. Lorsque nous les ingérons, ces particules se retrouvent dans notre corps. Il en va de même lorsque l’eau que nous buvons en contient et même le sel de table ! Les végétariens ne sont donc pas épargnés. Les plus sceptiques pourraient rétorquer que ce phénomène n’est que marginal. Mais son ampleur est en réalité gravissime, notamment parce que nous y sommes exposés quotidiennement. Une étude publiée en octobre 2018 à l’occasion du congrès de l’Union européenne de gastro-entérologie qui se tient à Vienne révèle que du microplastique a été retrouvé dans des excréments humains. D’après l’Agence autrichienne de l’environnement, au moins la moitié de la population mondiale pourrait avoir du microplastique dans son système digestif. Et ce n’est pas parce que nous ne les voyons pas que les microplastiques sont inoffensifs. Au contraire : leur petitesse pourrait les rendre capables de passer à travers les membranes de l’intestin et de se propager dans le sang.

Quelles mesures prendre ?

Empêcher que ces particules ne se répandent dans les cours d’eau et les océans passe inévitablement par une meilleure gestion des déchets plastiques en amont. L’une des solutions les plus radicales et, de fait, des plus efficaces consiste à interdire tout simplement un grand nombre de produits plastiques, notamment ceux à usage unique qui représentent 70 % des déchets plastiques des océans. Les microbilles ont déjà été bannies de plusieurs pays, dont la France depuis le 1er janvier 2018, mais il faut aller plus loin. Le Parlement européen veut notamment interdire plusieurs produits comme les cotons-tiges, pailles et couverts en plastique. Des projets de nettoyage des océans se mettent également en place pour récupérer les déchets flottants avant qu’ils ne se désagrègent dans l’eau. La lutte s’organise avec des initiatives comme celle de The Ocean Clean Up déjà en place et The Sea Cleaners qui espère déployer son projet Manta dès 2023. Surtout, il est primordial de changer nos habitudes de consommation avant qu’il ne soit trop tard.

Source : especes-menacees.fr

 

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