Ressources hydriques: La gestion de l’eau souffre de plusieurs incohérences, selon les experts de la FAO

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Absence d’un cadre budgétaire stratégique fonctionnel, asymétrie entre les besoins de contrôle des prélèvements d’eau et les moyens des agences des bassins hydrauliques, promotion de l’industrie et du tourisme dans des zones à stress hydrique… Ce sont là quelques-unes des incohérences dans la gestion de l’eau relevées dans le diagnostic établi par le programme «Agriculture et alimentation durable» initié par la FAO en 2015. Un premier constat a été établi hier à Rabat.

Il est des mesures aux effets collatéraux inattendus. «La subvention du gaz butane, prise au profit des ménages aux revenus limités, profite surtout aux agriculteurs. Mais grâce à cette énergie subventionnée, qui limite également la déforestation, le pompage de l’eau a augmenté. Dans sa mise en œuvre, cette subvention a eu des effets négatifs sur l’eau». Par cette remarque, Dubravka Bojic, experte gouvernance auprès de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), a souhaité souligner l’impact des différentes activités sectorielles sur l’eau.

Si cette subvention venait à être annulée ou réduite, l’agriculteur irriguerait moins ces parcelles, ce qui risque de réduire les rendements, résultat qui pourrait contrarier les objectifs du Plan Maroc vert. D’où la nécessité de coordination entre les différents opérateurs économiques et sociaux. L’experte de la FAO, qui a évoqué les possibles incohérences dans la gestion de cette ressource, prenait part à un atelier, hier à Rabat, sur la présentation d’un premier diagnostic sur la cohérence des politiques pour une agriculture durable, le cas de l’eau.

Mohamed Bouam, délégué du représentant de la FAO au Maroc, a rappelé que ce diagnostic avait été réalisé dans le cadre d’un programme initié en 2015 et portant sur l’agriculture et alimentation durable. Mohamed Bouam a également mis en garde contre les incohérences entre les secteurs utilisateurs de l’eau, aux effets sociaux et économiques qui peuvent être exorbitants. Et les incohérences ne manquent pas, selon Abdelkader Aït El Mekki, consultant de la FAO, qui a effectué un travail de terrain entre juin et juillet de cette année. Absence d’un cadre budgétaire stratégique fonctionnel, asymétrie entre les besoins de contrôle des prélèvements d’eau et les moyens des agences des bassins hydrauliques, promotion de l’industrie et du tourisme dans des zones à stress hydrique sont certaines des incohérences relevées. L’expert de la FAO a également évoqué le coût des ressources alternatives telles que la dessalinisation de l’eau qui ferait que le mètre cube dessalinisé revienne à 5 DH au lieu du coût actuel de 0,02 DH.

Hassan El Arfi, également consultant de la FAO, s’est interrogé sur le rôle des acteurs de coordination, de gestion et celui des acteurs non étatiques dont les missions «peuvent se chevaucher». Devant l’ampleur de la tâche consistant à injecter une bonne dose de cohérence dans la gestion d’une ressource qui se raréfie d’année en année, Dubravka Bojic a préconisé d’identifier les incohérences prioritaires. Ce premier diagnostic sera remis au gouvernement marocain.

Avec Le Matin

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