Le tourisme durable et la biodiversité n’en font qu’un !

La célébration de la Journée internationale de la biodiversité nous rappelle avec force la valeur de la nature et des écosystèmes pour la vie humaine et le bien-être de nos sociétés. Comme cette date coïncide avec celle de l’Année internationale du tourisme durable, il convient de souligner le rôle crucial que le secteur du tourisme peut accomplir dans la conservation de la biodiversité.

En Namibie, le tourisme est devenu la deuxième plus grande industrie après l’industrie minière, dépassant dans les années 2000 la pêche et l’agriculture. Dans le pays, soutenir le tourisme signifie protéger la nature — la ressource même qui attire des visiteurs du monde entier. Selon une étude commandée par le gouvernement, les investissements dans l’amélioration de la gestion du parc national pourraient avoir un rendement économique de 42 %.

De même, en Inde, une étude de 2015 a attribué une valeur de 24 milliards de dollars aux six réserves de tigres du pays, soit une valeur de 1,2 milliard de dollars par an. Les personnes parcourent la moitié du globe pour aller voir des tigres. Mais que doit faire le gouvernement indien pour garantir des ressources financières suffisantes pour gérer efficacement ces aires protégées ?

L’argent est au cœur de tous les efforts de conservation. Notre Initiative de financement de la biodiversité (BIOFIN) offre un moyen novateur d’y contribuer.

Ce projet mondial soutient 30 pays, en collaboration directe avec les gouvernements, les agences nationales de développement et le secteur privé. Nous évaluons la situation nationale en matière de financement de la biodiversité, enregistrons ce qui est dépensé et dans quel secteur, identifions les besoins et  déficits financiers essentiels et élaborons un plan en conséquence.

Bien que certaines estimations indiquent que les besoins financiers mondiaux en matière de conservation de la biodiversité varient entre USD 150 et 440 milliards par an, notre objectif est de recueillir davantage de preuves au niveau des pays.

Aux Philippines — l’un des points névralgiques de la biodiversité mondiale –, BIOFIN a enregistré un déficit d’environ 378 millions de dollars par an (soit environ 80 % du financement actuel) pour pouvoir mettre en œuvre correctement le plan national officiel de protection et de gestion de la biodiversité.

La prochaine étape consistera à identifier une combinaison appropriée de solutions financières pour accroître les ressources, diminuer les dépenses qui ont un impact négatif sur la biodiversité (par exemple, des subventions qui encouragent la déforestation) et essayer d’accroître la rentabilité des instruments fiscaux et des dépenses.

Aux Seychelles, pays entièrement dépendant du tourisme, le secteur privé pourrait être convaincu par l’importance commerciale de la biodiversité en tant que moteur du développement du secteur de l’écotourisme.

Les propriétaires d’hôtels et les opérateurs touristiques sont directement impliqués et s’engagent eux-mêmes à éliminer les espèces exotiques envahissantes (comme les rats et les chèvres), à protéger les sites de nidification des tortues marines, à restaurer les écosystèmes des récifs coralliens et des mangroves et à adopter d’autres mesures de conservation salutaires pour l’environnement, mais également salutaires pour les entreprises.

Etayer des solutions financières adéquates d’un plaidoyer convaincant permettra de mobiliser les financements essentiels pour la biodiversité. Ces actions sont indispensables pour soutenir les efforts des nations qui visent à maintenir et développer leurs atouts naturels au bénéfice des populations et des générations futures.

Levert avec PNUD

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